
Le Truthear Hexa est souvent présenté comme l’un des meilleurs IEM de sa gamme. Avec ses 4 drivers à environ 80€, il promet un son ultra-détaillé. Nous l’avons testé sur Escape From Tarkov, PUBG et Squad — et aussi en musique et en films, parce qu’à 80€ vous êtes en droit d’attendre de la polyvalence. Spoiler : ce n’est pas si simple.

Caractéristiques techniques
- Drivers : 1 dynamique 7mm + 3 armatures balancées Knowles
- Impédance : 24.4Ω
- Sensibilité : 110dB/mW
- Réponse en fréquence : 10Hz – 20kHz
- Câble : détachable, connecteur 0.78mm 2-pin
- Poids : ~7g par écouteur
Construction et confort
Les coques en résine translucide laissent voir les drivers — c’est joli. Le câble tressé détachable est souple et de bonne qualité (un vrai plus par rapport au Chu II). Le confort est bon malgré des coques légèrement plus volumineuses. Les embouts fournis sont variés. Rien à redire côté build pour le prix.
En gaming : redoutable
C’est ici que le Hexa justifie son prix. La résolution de ses 4 drivers est impressionnante — chaque détail sonore est séparé et identifiable. Les armatures balancées Knowles ajoutent une précision dans les médiums/aigus que les single drivers ne peuvent pas égaler.
Sur Escape From Tarkov, c’est presque de la triche. Vous entendez des sons que vous n’aviez jamais remarqués : un joueur qui change de type de sol deux étages plus bas, le clic d’un rechargement à travers un mur, le craquement d’un buisson à 50 mètres. La verticalité est nettement meilleure qu’avec un single driver — vous savez si quelqu’un est au-dessus ou en-dessous. Sur PUBG, la localisation des tirs est chirurgicale, même en squad quand tout le monde tire. Sur Squad, le chaos sonore reste lisible.
En musique : techniquement bon, émotionnellement froid
C’est le grand paradoxe du Hexa. Il est objectivement bon : chaque instrument est séparé, les détails sont là, la scène sonore est large. Mais l’écoute est clinique. On analyse la musique au lieu de la ressentir.
Le rock manque de chaleur et de gras. Le jazz perd son côté velours et intime. Le hip-hop a des basses précises mais qui ne font pas vibrer — on entend la texture de la basse mais pas son impact physique. Seuls le classique et la musique acoustique s’en sortent vraiment bien, grâce à la résolution et la séparation. Si vous mettez 80€ dans un IEM en espérant aussi profiter de votre musique, le Hexa risque de vous frustrer. Un Simgot EW200 à 45€ sera plus musical.
En films : correct sans plus
Pour les films, le Hexa fait mieux que le Chu II grâce à ses basses un peu plus texturées (le driver dynamique aide). Les dialogues sont d’une clarté exceptionnelle — jamais besoin d’activer les sous-titres. Mais les scènes d’action manquent toujours de cet impact viscéral qu’un bon casque ou des IEM plus basseux peuvent offrir. Regarder Dunkirk avec le Hexa, c’est entendre chaque détail sonore mais ne pas ressentir la guerre dans ses tripes. À 80€, on peut en attendre plus pour un usage polyvalent.
Le problème du prix
Parlons-en. À 80€, le Hexa est cher pour un IEM qui n’excelle vraiment qu’en gaming. Si vous investissez 80€, vous êtes en droit d’attendre un produit polyvalent. Or le Hexa est un spécialiste. Pour le même budget, un Simgot EW200 (45€) + un Moondrop Chu II (test, 25€) vous donnera un combo plus polyvalent : le Chu II pour le gaming, l’EW200 pour tout le reste. C’est moins « prestigieux » mais plus malin.
Verdict honnête
Le Truthear Hexa est le meilleur IEM gaming que nous ayons testé à ce prix. Point. Si vous jouez sérieusement à Tarkov et que la précision sonore est une priorité absolue, il vaut chaque centime de ses 80€. Mais si vous espériez aussi un bon IEM pour la musique et les films, préparez-vous à être déçu. C’est un outil de compétition, pas un compagnon polyvalent. Pour vous aider, consultez notre guide pour choisir ses IEM gaming.
Note gaming : 9.5/10
Note musique : 6/10
Note films : 6.5/10
Points forts : résolution gaming exceptionnelle, spatialisation 3D, câble détachable
Points faibles : son clinique pour la musique, manque d’impact pour les films, prix élevé pour un spécialiste